Questions fréquentes
Rédigée par la présidente de l'association, vétérinaire, cette FAQ répond aux questions les plus fréquentes des adoptants sur le certificat d'engagement, la vaccination, la vermifugation et la stérilisation précoce.
Le certificat d'engagement et de connaissance
De quoi s'agit-il ?
Dans le cadre de la loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et à conforter le lien entre les animaux et les hommes, de nouvelles règles encadrent l'acquisition d'un animal depuis octobre 2022. Mis en place par le décret d'application du 18 juillet 2022, le certificat d'engagement et de connaissance des besoins spécifiques de l'espèce vise à lutter contre le fléau de l'abandon et les achats compulsifs, en responsabilisant les personnes souhaitant accueillir un animal.
Qui est concerné ?
Tout primo-acquéreur (détenteur pour la première fois d'un animal d'une espèce) doit présenter à l'association son certificat imprimé, complété et signé.
Quelles espèces sont concernées ?
Les chiens, les chats, les furets, ainsi que les lapins et les lièvres (pour ces deux derniers, non destinés à la consommation humaine).
Quand faut-il le signer ?
Le futur adoptant doit compléter et signer le document (avec mention manuscrite) au moins 7 jours avant l'acquisition de l'animal.
Qui peut le délivrer ?
Toute personne ayant suivi une formation visée par le décret du 18 juillet 2022 : un vétérinaire, ou une personne titulaire de l'ACACED ou de l'ancien Certificat de Capacité Animaux Domestiques (CCAD).
La vaccination
Les chats et les chiens doivent être vaccinés à l'âge de 2 mois, puis à 3 mois, à 4 mois, et ensuite tous les ans.
- Chats : typhus et coryza même s'ils ne sortent pas ; s'ils sortent, également leucose et rage.
- Chiens : au minimum maladie de Carré, parvovirose, hépatite de Rubarth et leptospirose ; selon le mode de vie, également rage, piroplasmose, maladie de Lyme, toux de chenil et leishmaniose.
Neuf idées reçues sur la vaccination
« La vaccination n'est pas efficace. »
C'est faux. La vaccination a permis une augmentation spectaculaire des taux de survie des humains au XXe siècle : c'est le 2e facteur après la disponibilité accrue d'eau potable. Elle a conduit à l'éradication mondiale de la variole en 1982, et de la peste bovine en santé animale en 2011. Le virus de la leucémie féline est un rétrovirus mortel présent dans le monde entier, mais grâce à une vaccination généralisée, moins de 2 % des chats en bonne santé dans le monde en sont atteints. Autre exemple : la vaccination des volailles contre les salmonelles a réduit de près de moitié les cas de salmonellose chez l'humain en Europe depuis 2004.
« La vaccination est une intervention inutile qui interfère avec la nature. »
C'est inexact. La vaccination des animaux joue un rôle essentiel dans la prévention des zoonoses, les maladies transmissibles entre l'homme et l'animal. La mondialisation expose les humains aux maladies qui se propagent au-delà des frontières par les voyages et le commerce. Les vaccins protègent la santé animale, la sécurité alimentaire et la santé publique. Nous avons aussi une obligation morale envers nos animaux : prévenir les maladies plutôt qu'attendre que l'animal tombe malade et souffre.
« L'exposition à la maladie est nécessaire pour renforcer le système immunitaire. »
Faux. Les vaccins renforcent l'immunité sans faire subir les symptômes de la maladie — certaines infections ne procurent d'ailleurs aucune immunité naturelle. La vaccination imite l'infection naturelle avec un composant affaibli ou inactivé et stimule le système immunitaire. Pour les animaux de ferme, malgré de bonnes mesures d'élevage et de biosécurité, les maladies infectieuses peuvent se propager rapidement avec des résultats dévastateurs : la vaccination est cruciale pour la santé des troupeaux.
« Les effets secondaires l'emportent sur les bénéfices. »
Faux. Les vaccins sont un moyen sûr et simple de stimuler les défenses naturelles d'un animal pour prévenir la maladie et protéger son bien-être. Dans de rares cas, ils peuvent entraîner des effets secondaires (douleur au point d'injection, fièvre, irritations cutanées…) : si cela se produit avec votre animal, consultez un vétérinaire.
« Des traces de vaccins se retrouvent dans notre alimentation. »
Faux. Tout médicament autorisé en santé animale comporte un délai minimum à respecter après son utilisation chez les animaux dont on consomme la chair ou les produits (lait, œufs), avant leur commercialisation. Ceci garantit la sécurité des aliments.
« La vaccination des animaux n'a pas d'impact sur la santé humaine. »
Faux. Plus de 70 % des maladies animales peuvent être transmises à l'homme : ce sont les zoonoses, comme la rage. Vacciner les animaux, c'est préserver la santé humaine et publique.
« Je suis végétarien, la santé animale ne me concerne pas. »
La vaccination des animaux joue un rôle dans la santé publique au sens large. Les programmes de vaccination ont fait disparaître la rage de vastes régions d'Europe, alors qu'elle existe toujours ailleurs dans le monde. En vaccinant 70 % d'une population locale de chiens contre la rage, il est possible de réduire quasiment à zéro le nombre de cas humains.
« Mon chat ne sort pas, il n'a pas besoin de vaccin. »
C'est une erreur. Les chats d'intérieur ont besoin d'être protégés contre des virus potentiellement mortels, tels que l'herpès virus de type 1 ou le calicivirus, certains pouvant se transmettre via l'environnement. Consultez votre vétérinaire pour savoir de quels vaccins votre chat a besoin selon son mode de vie et son âge.
« La vaccination est trop coûteuse. »
Pas du tout. Les vaccins sont généralement peu coûteux pour les maladies les plus fréquentes. Ils peuvent en outre empêcher jusqu'à 20 % de pertes liées aux maladies infectieuses dans les productions animales des pays en voie de développement, protégeant les agriculteurs de lourdes pertes financières.
La vermifugation
Les chats et les chiens doivent être vermifugés tous les 15 jours de leur naissance au sevrage, puis tous les mois du sevrage à leurs six mois, puis tous les six mois pour les chats qui ne sortent pas, et tous les 3 mois pour tous les animaux qui sortent.
Il faut donner un vermifuge adapté au poids et à l'espèce, efficace contre les vers ronds et contre les vers plats.
La stérilisation précoce
On entend parfois que la stérilisation chez le chat et la chatte se fait autour, voire après six mois. Or il est démontré depuis 20 ans que, chez la chatte, la stérilisation doit avoir lieu avant les premières chaleurs pour prévenir les tumeurs mammaires, les tumeurs des ovaires et les pyomètres. Chez le chat, si on lui laisse faire sa puberté et qu'il commence à marquer son territoire par du marquage urinaire, cette habitude sera très difficile à faire disparaître, même en le castrant plus tard.
La puberté peut survenir dès 4 ou 5 mois, et de très nombreuses études montrent qu'il n'y a aucun inconvénient à stériliser les chats et les chattes dès 6 semaines. Nous recommandons donc aux particuliers de stériliser leurs chats dès l'âge de 4 mois, pour être sûr d'intervenir avant la puberté ; et aux associations et éleveurs, dès l'âge de 2 mois : à cet âge, ils remangent et rejouent 30 minutes après la chirurgie, sans stress et avec de très nombreux avantages pour leur vie future.